Isoglucose mon amour

« Le Canard enchaîné » – mercredi 11 juillet 2012  (non disponible sur le web)

« Connaissez-vous l’isoglucose? L’agroalimentaire cultive la discrétion sur cet ingrédient dont il raffole. L’histoire commence dans les années 80 aux États-Unis avec Coca-Cola et Pepsi. Les deux géants, qui trouvent trop élevées les taxes sur les importations de sucre de betterave et de canne, troquent le saccharose pour un nouveau sucre extrait du maïs. L’isoglucose, c’est du sirop de glucose dont on a dopé le pouvoir sucrant grâce à une petite manip chimique. Au lieu de se contenter d’extraire le glucose de l’amidon de maïs, on traite celui-ci avec des enzymes qui vont transformer le glucose en fructose. Et, plus vous utilisez d’enzymes, plus la quantité de fructose grimpe. D’où l’autre petit nom de l’isoglucose : « HFCS », pour « high-fructose corn syrup », ce qui donne, en français : « sirop de maïs à haute teneur en fructose ».

Génial, le HFCS! Non seulement il vous sucre ce que vous voulez pour moins cher et avec la même efficacité que le saccharose, mais en plus il retarde la sensation de satiété. En prime, il raccourcit le temps de cuisson, ne dessèche pas les aliments et donne de la tenue aux glaces et aux sorbets. Ce qui explique pourquoi les industriels de l’agroalimentaire ont tout de suite emboîté le pas aux fabricants de soda. Désormais, de l’isoglucose, on en trouve partout : dans les gâteaux, les biscuits, les yaourts, les crèmes dessert, les glaces, les boissons aromatisées… Aux Etats-Unis, l’isoglucose représente déjà la moitié du sucre ajouté par l’agroalimentaire.

Le bémol, c’est que depuis quelque temps les scientifiques se font du mouron sur les conséquences pour notre santé de ce gavage à l’isoglucose. Des chercheurs américains ont récemment montré que l’abus de HFCS flinguait le foie et était susceptible de provoquer des cirrhoses « non alcooliques ». L’excès d’isoglucose favoriserait également les maladies cardiovasculaires. Tout comme on sait maintenant qu’il augmente la résistance à l’insuline et, donc, le risque de diabète. La plupart du temps, les industriels signalent sur l’étiquette la présence de HFCS sous la mention anodine de « sucre inverti » ou de « sirop de maïs ». Et, comme de bien entendu, sans en donner la quantité. L’abus de transparence nuit sans doute gravement à la santé…»

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