Petite histoire de la forêt québécoise

Il y a bien quelques films, dont La mort d’un bûcheron (Gilles Carle), des chansons sur la drave, des contes, la chasse-galerie, etc. Finalement pas grand-chose pour évoquer les deux siècles pendant lesquels les Canadiens français se sont lancés à l’assaut de la forêt. Il est vrai qu’ils ne contrôlaient rien; les compagnies étaient britanniques ou américaines et nos gouvernements n’osaient pas les déranger. L’histoire de la forêt est un peu gênante…

De ce qui constituait les immenses forêts de chênes et de pins qui recouvraient le Québec, il ne reste plus rien, ou presque. Seul un petit boisé de douze hectares situé à deux kilomètres de la ville de Huntingdon a traversé le temps, intact. Avec ses arbres qui dépassent les 300 ans, le Boisé-des-Muir est la forêt que les bûcherons ont oubliée.

Les draveurs de la Gatineau : chanson de Raoul Roy

LE BOIS

Cartier cherchait de l’or et des épices; Champlain, des fourrures et des âmes. Ni l’un ni l’autre ne s’intéressèrent à la forêt qui étreignait alors les rives du fleuve Saint-Laurent et s’étendait à travers l’intérieur, passant insensiblement d’une forêt de feuillus, au sud, à une forêt de conifères, plus au nord, avant de s’évanouir progressivement dans la toundra.

Cette belle indifférence se poursuivra pendant les premières décennies du régime français, car l’économie de la colonie repose essentiellement sur le commerce des fourrures. De la forêt, on ne demande rien d’autre que du bois de chauffage, des poutres et quelques planches de pin, de merisier ou de noyer, avec lesquelles les habitants font des meubles.

Il y a bien quelques tentatives de construction navale, à Québec et à Sorel, mais elles se soldent par un échec. Par contre, les moulins à scie se multiplient sous le régime français. De trois au début du XVIIIe siècle, on passe à une dizaine en 1717. En 1734, la Nouvelle-France compte 52 moulins à scie pour une population d’environ 35 000 habitants, soit une moyenne approximative d’un moulin pour 700 habitants. Aussi,  vers la fin du Régime français, l’exploitation de la forêt devient une entreprise rémunératrice et nombreux sont ceux qui s’y livrent.

Dès la prise de possession de la colonie par les Anglais, en 1763, la marine britannique, la plus puissante de l’époque, se réserve l’exclusivité du bois; chêne pour la coque des navires et pin pour les bossoirs et étais des grands mâts.

Philemon Wright, l’Américain

Louis-Joseph Papineau

Jusqu’à la fin du Régime français, l’Outaouais reste le boulevard de la traite des fourrures. Sauf à quelques postes de traite, on n’y trouve aucun Blanc, sauf les Voyageurs et les coureurs de bois, qui se rendent au lac Supérieur et qui ne font que passer.

Le gouvernement veut peupler la région. Comment attirer les colons? On met sur pied un système de concessions: on concède à un entrepreneur un canton où il doit établir une colonie agricole, construire des chemins et une église.

Philémon Wright, un riche Américain de la Nouvelle-Angleterre est intéressé. Une mauvaise route conduit alors de Montréal à Long-Sault. Ensuite, c’est la forêt vierge. Il faut utiliser les canots. Après trois voyages d’exploration en Outaouais, Wright liquide ses terres et arrive, en 1800, avec 25 personnes dans son canton près de la vallée de la Gatineau. Il lui donne le nom de Hull.

Une poignée d’individus habite alors l’Outaouais, dont le plus proche voisin de Wright, Louis-Joseph Papineau, qui a une seigneurie dans la région de la Petite-Nation.

Rapidement, Wright manque d’argent. Pourtant, autour de sa colonie poussent en abondance le chêne, très résistant à l’eau, et le pin blanc haut, droit, sans un noeud, très recherché par la marine britannique pour les bordages et surtout pour les mâts.

Mais les chantiers navals préfèrent acheter le bois de la Scandinavie moins cher, moins loin.

Wright décroche quand même un contrat. Mais il faut livrer le bois à Québec. Il va le faire flotter.

Dès l’hiver 1805-06, Wright envoie ses hommes à l’assaut des chênes et des pins blancs et rouges de l’Outaouais. Après avoir équarri les arbres,  il lie les billots les uns aux autres pour former une sorte de radeau ( raft en anglais). Puis ces radeaux sont attachés les uns aux autres, c’est ce qu’on appelle le train de bois ou “la cage”.

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Le premier train de bois sur la rivière des Outaouais, 1806 – Peinture de C. W Jeffreys

Le 11 juin 1806, ce premier train de bois descend la Gatineau et débouche sur l’Outaouais pour ensuite gagner le fleuve après avoir franchi les rapides de Long-Sault et suivi la rive nord de l’île de Montréal.

À Québec, les cages sont démontées, le bois embarqué sur des bateaux en partance pour l’Angleterre.

À l’automne de la même année, à Berlin, l’empereur Napoléon interdit à l’Europe tout commerce avec l’Angleterre, son ennemie mortelle. Cette interdiction vise particulièrement le bois de la Scandinavie.

La « Navy » se demande alors où s’approvisionner en chêne et en pin, bois essentiels pour sa flotte. Un seul endroit, l’Outaouais. Le gouvernement délivre alors des permis de coupe sur les territoires libres de la couronne et ajoute des tarifs douaniers préférentiels.

Un peu partout dans la région de l’Outaouais, sur la Lièvre, la Gatineau et en amont de Hull, des entrepreneurs, bientôt remplacés par de puissantes compagnies britanniques, ouvrent des chantiers.

Le temps des cageux

Où sont allés tous les Raftsmanns? (Chanson de Jacques Labrecque)

La cambuse

Chaque au tomne défilent des <gangs> montant vers les chantiers, où sont situées des cabanes de bois rond, sans aucun confort — un feu au milieu, un trou dans le toit — qu’ils habiteront l’hiver, la cambuse.

La nourriture est monotone: porc salé, biscuits faits avec de la farine et de l’eau, pois secs, soupe à l’orge, un peu de rhum. Les cooks canadiens-français ont une excellente réputation; ils réussissent même à rendre les blocs de porc salé

Cage, 1880

appétissants. Incidemment, en faisant frire de minces tranches de porc les cooks réalisent qu’elles se plissent, les oreilles de christ sont nées.

On aménage les cambuses le long des rivières, parce que le flottage est le mode de transport le plus facile.

Les bûcherons dégagent un chemin pour traîner foin et provisions. Le chemin raboteux sert aussi à acheminer les billes de bois jusqu’aux cours d’eau.

La première chute de neige donne le signal du début de la coupe du bois. Le travail est dur et exige des hommes et des bêtes robustes. Normalement, on abat l’arbre avec différentes sortes de haches.

Après l’équarrissage, les billots ont un mètre de côté et plus de 30 mètres de long. Sur les chemins de neige, boeufs et plus tard chevaux les traînent jusqu’au bord des rivières.

Au moment du dégel, la « drave » commence. Les draveurs, munis de crochets de fer ou de grappins, souvent immergés dans l’eau glacée, dirigent le flottage des billes. C’est un travail dangereux.

En 1845, quatre-vingts hommes perdent la vie dans les embouteillages sur les rivières, ils seront cinquante l’année suivante.

Quand la rivière rétrécit ou se transforme en rapides et en chutes, les draveurs utilisent des glissoires à billots imaginées en 1829 par Ruggles, le fils de Philemon. Elles permettent aux billes de ne pas heurter les roches et suppriment les amoncellements aux passages étroits.

Elles continuent leur descente jusqu’à l’embouchure des rivières, l’Outaouais. Là, un autre danger attend les Canadiens-français: les redoutables Shiners.

 

La guerre des Shiners

Rideau Canal Museum, Smith Falls

La guerre de 1812 avec les États-Unis avait traumatisé le gouvernement britannique. Les Américains pouvaient couper facilement les communications entre Montréal et Kingston. Au lendemain de la guerre, les Britanniques veulent une voie de rechange au fleuve Saint-Laurent. Solution, creuser un canal entre la rivière des Outaouais et Kingston permettant ainsi à la flotte britannique de se rendre dans les Grands Lacs. En 1826 débute la construction de la série de barrages et d’écluses du futur canal Rideau; les travailleurs sont essentiellement des Irlandais. Qand ils sont en congé, ils se dirigent vers les tavernes de Bytown, la ville la plus mal famée du Canada, rebaptisée plus tard Ottawa. C’est là aussi que les Canadiens-français des chantiers font halte.

Comme le raconte Louis Fréchette,

Jos Montferrand

« [C]’est pas dans le caractère du voyageur de passer tout dret quand on arrive à Bytown. Y faut y faire là au moins une petite estation, quand on y fait pas une neuvaine [...] ça fut une brosse dans les règles. Le rhum y coulait dans le gosier, qu’il avait tant seulement pas le temps d’envaler. Une éponge [...] ça me faisait chambranler rien qu’à le regarder faire. » (Les contes de Jos Violon 1905)

Pendant des années à Bytown et dans tout l’Outaouais “la guerre des Shiners” (surnom des Irlandais) a opposé ces derniers aux Canadiens-français des chantiers. Le héros des Canadiens-français est alors un chef de chantier, le grand (6’4”) Jos Montferrand.

Il a fallu le talent de Gilles Vigneault et la verve du folkloriste Jacques Labrecque pour remettre à l’honneur les exploits ducolosse « le cul su’l bord du Cap Diamant, les pieds dans l’eau du Saint-Laurent ». Incidemment, la chanson a longtemps été bannie des ondes radiophoniques pour son langage vert.

Gilles Vigneault chante Jos Montferrand

Jos Montferrand, de la légende à la réalité

Entre deux batailles, les billots sont assemblés en radeaux, appelés cages, pour éviter qu’ils ne se dispersent et ne s’échouent.

Chaque radeau mesure 12 mètres par 30 mètres. Il est en général construit de deux types de bois: le pin et le chêne. Le pin est léger et il flotte. Il sert donc de base flottante aux radeaux. On empile le chêne par dessus, car il est lourd et il ne flotte pas. Pourtant, il est très résistant à l’eau. C’est cette grande qualité qui en fait le meilleur matériau pour la construction des navires.

Les cageux

Ces cages servaient à mener les billots de bois des chantiers par la rivière des Outaouais et sur le fleuve en direction du port de Québec.

De l’Outaouais à la hauteur de la chute Chaudière, les cageux (raftmen en anglais) convoient les « cages » de bois sur le fleuve jusqu’à Québec, les cageux, souvent accompagnés de leurs femmes et enfants, vivent à bord de ces immenses trains de bois flottant, s’y construisent une cabane et peuvent même y faire du feu.

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Projet cageux 2008

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Là où le fleuve est large et tranquille, les radeaux restent attachés ensemble pour former la cage.

Dépôt de bois près de Québec en 1838

Quand les cageux arrivent à la tête des rapides, ils détachent les radeaux de la cage et les font descendre un à un. Ils les dirigent tant bien que mal avec des perches et des rames de 10 mètres de long installées à l’avant et à l’arrière du radeau. La descente des rapides constitue la partie la plus dangereuse du voyage. Si le radeau se brise ou heurte un récif, une mort certaine les attend.

Les rapides franchis, ils reforment la cage pour poursuivre jusqu’au port de Québec en espérant qu’ils vont échapper aux tempêtes du lac St-Louis. En tout, le voyage dure quelques semaines.

Le port de Québec devient le plus grand marché de bois de l’Univers. Entre 1807 et 1823, Wright avait envoyé 300 cages à Québec, chacune comprenant de 1500 à 2000 pièces de bois. Vers 1830, c’est 350 cages par année, quelque 7000 hommes qui déchargent le bois. Les estacades s’étendent sur la rive sud, depuis Saint-Romuald jusqu’à Lévis et, sur la rive nord, depuis Sillery jusqu’à la côte de Beauport.

Ils sont rejoints par les quelque 10 000 marins débarqués du millier de navires britanniques pour hisser le bois dans les flancs des navires. Si on ajoute à tous ces hommes les trois régiments de la garnison britannique, on comprend que la toute petite ville de Québec (27 000 habitants en 1831) compte en 1836, 213 auberges, buvettes et débits de boisson. Sur la rue Champlain seulement, il y a 50 licenciés pour la vente au verre. En 1845, plus de 2 000 cages arrivent à Québec soit 40 000 hommes. C’est un record.

Le principal centre d’abattage reste encore le bassin de l’Outaouais même s’il faut aller couper le bois de plus en plus loin (dès 1836 les bûcherons sont sur les rives du lac Témiscamingue) et qu’on doit construire des haltes à tous les 20 kilomètres. Nombre de ces haltes donneront naissance à des villages, Chelsea, Wakefield, Kazabazua, Gracefield ou Rivière Désert.

La zone interdite

Bûcherons, compagnies, draveurs, tous rêvent de déborder des bassins de l’Outaouais vers ceux du Saint-Maurice et du Saguenay. Des forêts intouchées et intouchables, car elles sont réservées à la puissante et vénérable Compagnie de la Baie d’Hudson. Il y est interdit de défricher, de cultiver, d’amener des animaux domestiques. Personne n’y a accès sauf ses agents et quelques rares missionnaires. La Baie veut que les Indiens de la forêt boréale trappent les animaux à fourrure en paix.

De son magasin sur la rue Saint-Pierre à Québec, un Britannique rêve de casser le monopole de la Baie. Il est débarqué à Québec en 1810, comme agent de l’Amirauté britannique pour acquérir des mâts de navires; la guerre finie, il est resté pour faire le commerce du bois. Le premier, il utilise des goélettes pour cueillir le bois des havres du bas du fleuve où ne peuvent toucher les navires de mer. Puis, il a bâti des moulins à scie. Mais le pactole, c’est le Saguenay. Il lui faut un prétexte. La géologie le lui fournit. Au nord de la plaine du Saint-Laurent commence l’immense plaque de granit du Bouclier canadien où les bonnes terres sont rares. Mais les cultivateurs de Charlevoix savent qu’il y a des terres fertiles le long du Saguenay et au-delà au coeur du domaine de la baie d’Hudson.

William Price le « père du Saguenay »

William Price se lie avec Alexis Tremblay dit « Picoté » et finance la Société des Vingt-et-Un, un groupe d’habitants de La Malbaie qui obtient de la Baie en 1837 le droit de couper du pin à la baie des Ha  ! Ha  au Saguenay.

Dès juin 1838, Price brave les interdictions de la Baie et construit un premier moulin à scie à La Baie (Grande-Baie). Les colons ne tardent pas à affluer.

Ses territoires envahis, la vieille compagnie de fourrures, ne peut que protester. En vain. Son bail se termine d’ailleurs en 1842. Elle ne croit plus qu’il sera renouvelé. Il ne l’est pas. En 1842, le gouvernement abolit son monopole et ouvre le territoire aux compagnies forestières et aux colons.

Une armée de bûcherons déferle dans les forêts du Saguenay et de la Côte-Nord. En 1843, on compte déjà un millier de personnes installées aux alentours de la baie des Ha! Ha!

L’ère de la fourrure est définitivement révolue; celui des Indiens aussi

Dans les Laurentides, en Abitibi, en Mauricie, au Saguenay — lac Saint-Jean et sur la Côte-Nord, les bûcherons, les colons dévastent les territoires de chasse des Algonquins, des Attikameks, des Innus.

Le gouvernement se demande sérieusement quoi faire avec les Indiens. Depuis la fin de la guerre de 1812, ils n’ont plus de valeur stratégique, ni d’ailleurs économique, la traite de la fourrure ayant été remplacée par la coupe du bois.

La solution, on va les assimiler et faire de ces semi-nomades de parfaits cultivateurs fiers de leur petite propriété privée. Les Britanniques estiment que cette grande tâche d’assimilation serait l’affaire de quelques années.

Pour y arriver cependant, il faut les préserver du mauvais exemple que représentent les Blancs installés à proximité: bûcherons, commerçants et fermiers qui, au grand désespoir des religieux, boivent, sacrent et font la fête. Dans ces territoires indiens déjà envahis par les Blancs, on décide de réserver pour les Indiens un coin de terre où, à l’exception du missionnaire et des représentants du gouvernement, les Blancs n’auront pas le droit de pénétrer.

Le 30 août 1851, le gouvernement réserve des milliers d’acres un peu partout au Québec et déclare aux Indiens éberlués: « Voilà, ce sont vos terres, ailleurs vous n’êtes plus chez vous. » C’est ainsi que sont créées les réserves des Algonquins à Maniwaki, celle des Attikameks sur le Saint-Maurice, celle des Innus à Mashteuiatsh au lac Saint-Jean, Betsiamites et Les Escoumins sur la Côte-Nord, celle de Restigouche pour les Micmacs et plusieurs autres.

Pendant ce temps, le marché du bois s’effondre

Au milieu du siècle, les choses se gâtent; le blocus de Napoléon n’est plus qu’un souvenir et la Grande-Bretagne lorgne de nouveau du côté de la Baltique où le bois est encore à meilleur prix. En 1842, elle révoque les tarifs douaniers préférentiels accordés au Canada et aussitôt, le bois de la Scandinavie envahit le marché britannique. Le coup est dur; en 1848 seulement, le trafic des cages sur l’Outaouais baisse de 25 %.

De plus, les pins, les chênes les plus accessibles sont tombés sous la hache. Tout le bassin hydrographique de l’Outaouais a été écrémé de ses plus beaux arbres.

Le nombre de cages diminue. La grande époque du pin, du chêne et des cageux achève.

Sauvé par le 2X4

À partir des années 1850, des centaines de milliers d’immigrants arrivent aux États-Unis. Il faut les loger. Alors que leurs forêts ne peuvent plus fournir, les Américains réclament des madriers, des 2 par 4, du bois de construction et commencent à lorgner du côté des forêts canadiennes.

La région de l’Outaouais se recycle dans le bois de construction et les entrepreneurs se précipitent vers la région. La vallée est lancée. L’hiver, une véritable armée envahit la forêt des Laurentides. Dans son seul diocèse, l’évêque d’Ottawa, Mgr Guigues, évalue qu’entre 20 000 et 25 000 hommes sont occupés aux chantiers en 1860.

Bassin hydrographique de l’Outaouais

Ailleurs, dans le Bas-du-Fleuve, les Cantons de l’Est, on trouve de petits chantiers spécialisés dans l’abattage du chêne et de l’orme, mais les arbres ne sont pas nombreux et les rivières pas assez importantes.

Les compagnies truffent le St-Maurice d’estacades et de glissoires, par où peuvent descendre les billots jusqu’à Trois-Rivières. Les chantiers se rendent jusqu’à Mattawin. En 1885, les bûcherons sont à La Tuque. Le St-Maurice se met à fournir du bois à pleins bords.

Les moulins suivent les bûcherons

À cette époque, les moulins à scie sont minuscules (environ 10 m X 13M). Ils débitent du bois pour le village ou la ville d’à côté. Ce sont pour la plupart des moulins à eau qui ne fonctionnent qu’au printemps et à l’automne, quand la fonte des neiges et les pluies grossissent les rivières. Elles sont équipées d’une seule scie de long, plus rarement de scies groupées encore plus rarement des nouvelles scies circulaires. Pour ça, il faut de l’argent; les Américains sont prêts à investir.

Le Québec se couvre de moulins à scie; on compte pas moins de 1200 moulins dans l’Outaouais en 1871.

Ces nouveaux moulins emploient beaucoup de monde; en 1870, par exemple, 4 000 hommes entrent chaque matin vers six heures dans les six moulins à scie de la Chaudière et en ressortent vers 18 heures.

Les moulins à scie, aux embouchures des principales rivières de l’Outaouais, du Saguenay, de la Beauce, de la côte Nord attirent des colons; mais les terres sont pauvres, rocailleuses, difficiles à défricher, d’une rentabilité douteuse. Un travail ingrat. Pour survivre, les hommes vont au chantier après les récoltes et ne reviennent que pour les labours du printemps. Autour des colons naissent des villages en pleine forêt, Hull, Joliette, les Piles, Chicoutimi et Rivière-du-Loup, etc. Les villages deviennent des villes.

Si l’on excepte la plaine de Montréal, la province est alors couverte de chantiers, du Témiscamingue à la Gaspésie. Vers 1880, les draveurs sont dans 234 rivières de l’est.

La production de billots de pins, bois de chauffage des poteaux télégraphiques, des perches et des traverses de chemin de fer s’accroît à un rythme accéléré: Pour le pin seulement, deux millions de billots en 1870, trois millions en 1880, près de sept millions en 1896.

Les forêts semblent inépuisables; on les traite avec brutalité, massacrant tout pour extraire le bois franc, abandonnant du même coup d’énormes revenus. Les précautions les plus élémentaires sont négligées et d’immenses incendies se propagent. Malheureusement, cette exploitation à courte vue ne tarde pas à épuiser la forêt. Le gaspillage est énorme. Le Canada et les États-Unis avaient signé un traité de réciprocité. En 1866, les Américains laissent tomber l’entente et le grand marché du bois de construction se ferme.

Une à une, les scies cessent de tourner.

Cette fois encore le salut vient des États-Unis, plus précisément de la presse à sensation.

À l‘assaut de la forêt boréale

Pendant longtemps, on a fabriqué du papier avec des chiffons et des guenilles; les journaux étaient donc coûteux et achetés seulement par la petite élite qui en avait les moyens. Puis, des d’innovations technologiques permettent de faire du papier avec du bois moulu, réduit en pâte. À partir des années 1860, la pâte de bois remplace la guenille, le prix des journaux chute. Apparaît alors dans les villes américaines les premiers « yellow Papers", une presse à sensation qui ne s’adresse plus à l’élite et qui fait la part du lion au crime, au sport, à la bande dessinée ( plus tard au cinéma). Succès considérable; des tirages de centaines de milliers d’exemplaires chaque jour. Les forêts américaines ne suffisent plus et les compagnies se tournent une fois de plus vers le nord.

Du Labrador à l’Alaska, s’étend une zone écologique immense, la forêt boréale, royaume des conifères, des lacs et de l’hiver. Les conifères y poussent lentement, mais leurs fibres sont serrées et conviennent parfaitement pour le nouveau papier journal.

Le temps de la pitoune

Dès 1870, une petite usine de pâte de bois voit le jour à Windsor Mills, dans les Cantons de l’Est. Un peu plus tard, à Hull, l’ingénieux Eddy se lance dans la fabrication du papier. La pulperie Rolland tourne en 1882, à St-Jérome, comme le moulin à papier Wilson à Lachute et, un an plus tard, celui de Joliette. Un autre précurseur, le Canadien-anglais Forman ( dont le nom va devenir synonyme de contremaître) , après dix ans d’efforts, met en marche, en 1890, l’usine de pâte de Grand-Mère qui va donner l’élan à toute la région du St-Maurice. Une pulperie démarre en 1898 à Batiscan. Au Saguenay, Alfred Dubuc en installe une en 1887 à Chicoutimi. Une grosse fabrique de pâte s’ouvre à Jonquière en 1900. En 1902, les Maclaren lancent la fabrication de la pâte à Buckingham.

Draveurs sur la rivière Saint-Maurice

Les chantiers envahissent le Témiscamingue, poussent vers les sources de la Gatineau et de la Lièvre, vers le bassin du Saguenay et du St-Maurice, et même vers la Côte-Nord. Si les chantiers continuent à fournir du bois de construction, l’essentiel de leurs activités consiste désormais à faire de la <pitoune> avec les sapins et les épinettes. Lorsque débute le 20e siècle, une centaine de milliers d’hommes travaille en forêt.

L’automne venu, ou au début de l’hiver, les campagnes se vident littéralement de tous les hommes valides, le père et ses fils “en âge” de travailler partaient pour s’engager auprès des grandes compagnies forestières ou de ses sous-traitants.

La vie dans les chantiers

Autour des années 1880, révolution alimentaire dans les camps de bûcherons. Des aliments frais, tels que la viande et certains légumes, s’ajoutent graduellement au menu traditionnel de porc, fèves au lard, pain et thé. Les premières poêles apparaissent.

On ne parle pas durant les repas. Un bûcheron a déjà expliqué:   “Quand on parle, on n’en mange pas.”

Intérieur d’un camp, 1870

Quelques rares visites: les missionnaires qui suivent les bûcherons, au début dans l’Outaouais, puis partout où il y a des bûcherons. Ils partent en décembre, se déplacent de chantier en chantier jusqu’en mars, soit avant la période de la fonte des glaces. “un ministère fait de raquettes, de chapelle portative, de fèves au lard, de tir au poignet avec les gars et de rudes sermons contre le blasphème” (Lucia Ferretti, Brève histoire de l’Église catholique au Québec, p. 70).

À la fin du siècle, de temps en temps, surgissent des peddlers itinérants, les Syriens. Ils vendent des montres cheaps, des jeux de cartes, des bijoux. Parfois, un photographe passe le dimanche.

Pendant les soirées d’hiver, Irlandais, Écossais, Canadiens français s’échangent leurs histoires, leurs contes, leurs chansons. Le tout se mélange dans le creuset des chantiers pour se transformer en une culture authentiquement québécoise.

Envoyons d’lavant nos gens, Chanson de chantier issue du terroir québécois

Félix Leclerc nous raconte la légende de la chasse-galerie (vidéo).

Tourne-bille

 

La draveEn avril ou en mai, la glace cale, la neige fond. Les draveurs arrivent avec leur gaffe, une perche de bois, de 8, 10 ou 12 pieds de longueur, munie d’une douille et d’un fer aigu à deux branches. Généralement, elle sert à piquer les billots pour les diriger.Le franc-renard ou “peavy” ( 1858) est un levier muni d’une douille de métal, d’un crochet mobile, et terminé par un croc. Il sert surtout à rouler de grosses pièces de bois.

Il n’était pas question de ceinture de sécurité à cette époque et plusieurs ne savaient pas nager. Pourtant, la plupart d’entre eux allaient sur les billots flottants, leurs bottes à clous les ancrent sur un billot comme les griffes d’un chat, les empêchant de glisser.

Ils rassemblent les billots, les amènent dans les chutes, les rapides, les regroupent dans les estacades aux embouchures des rivières. Pour utiliser toute la lumière, ils travaillent quinze heures par jour. Petit déjeuner à 4 h, souper à 19.30

Ils dorment à la belle étoile.

On croit toujours que la forêt est inépuisable. L’économiste Stephen Leacock, décrit avec confiance: “trees flowing in from the inexhaustible northern backwoods."

Des Américains se réveillent et constatent qu’il faut conserver ce qui reste et reboiser. Ce mouvement de conservation ne fait que quelques adeptes au Québec, mais parmi eux, le premier ministre Joly de Lotbinière.

Après vingt ans d’efforts, l’Association forestière, qui poursuit l’action du seigneur de Lotbinière, réussit à convaincre le gouvernement d’envoyer Gustave C. Piché et Avila Bédard étudier la foresterie à l’université Yale.

À leur retour ces deux premiers ingénieurs forestiers fondent en 1910 la chaire des sciences forestières à l’Université Laval.

Le Québec fonde la station forestière de Duchesnay en 1933.

St. Lawrence Paper

Jusqu’au début du siècle, le gouvernement du Québec se contente de regarder passer la pâte en direction des usines de papier américaines. En 1871, Québec retire en moyenne 8,27$  par mille carré en concessions forestières et l’Ontario 113,96 $.

En 1910, dix ans après l’Ontario, le Québec taxe l’exportation du bois de pulpe coupé sur les terres publiques. Il faut désormais le transformer sur place en pâte ou en papier. Les compagnies américaines crient au meurtre puis se décident à construire des usines dans la province où les Britanniques et les Canadiens anglais sont déjà bien implantés.

En 1910, des Écossais construisent la papeterie Wayagamack, à Trois-Rivières; Maclaren installe une papeterie sur la Lièvre; Price Brothers crée le groupe Jonquière-Kénogami; des Belges ouvrent la papeterie de Shawinigan.

Après la Première Guerre mondiale, les Américains arrivent en force poussés par l’augmentation du tirage de leurs journaux.

L’International Paper, le géant du papier aux États-Unis, fonde une usine La Tuque, une grande usine aux Trois-Rivières en 1920, une au débouché du lac Témiscamingue en 1925, et enfin deux dans la Gatineau quelques années plus tard.

Quelques entrepreneurs (les jobbers) canadiens-français se font une petite place: Edouard Lacroix de St-Georges emploie 6500 bûcherons en Beauce et dans le Maine; Jean Crête, le roi de la Mauricie emploie 5 000 hommes. Henri Perron fonde une dynastie à La Sarre en Abitibi.

La production de papier journal atteint des sommets, près de 300 000 tonnes en 1917, près de 800 000 en 1925. 80 % sont exportés aux États-Unis. Trois-Rivières avec ses quatre grandes papeteries est le premier centre de papier au monde.

Depuis sa loi de 1910, le gouvernement s’est fait accommodant au possible avec les compagnies qui en mènent large.

Si la géographie de la région ne leur convient pas, elles n’hésitent pas à la refaire, détournant une partie des eaux ou creusant le lit des rivières pour régulariser les cours d’eau.

Les compagnies ( forestières et d’électricité) ont besoin d’un approvisionnement constant en eau?

Pour que des milliers de billots flottent en paix jusqu’à Shawinigan et Trois-Rivières le débit du Saint-Maurice doit être régularisé. Grâce aux barrages, Le Québec crée des réservoirs comme celui de Gouin, 500 kilomètres carrés le plus grand réservoir artificiel du monde.

Les Atikameks sont déjà là? On les tasse. D’immenses territoires de trappe sont irrémédiablement perdus. Le village d’Obedjiwan, pourtant situé à 130 kilomètres du barrage, est englouti.

En 1927 c’est le tour des Algonquins. Le réservoir Baskatong, 400 km2, inonde à son tour d’immenses territoires de chasse et de trappe.

Les compagnies construisent les premières villes planifiées du Québec. Riverbend, Grand-Mère, Ville-Marie. Les boss, les techniciens, les contremaîtres habitent un ghetto doré où l’on ne parle que l’anglais.

La guerre du papier

On produit beaucoup trop de papier, saturant le marché. Les compagnies se font une guerre des prix à partir de 1925. Des compagnies font faillite comme celle de Dubuc forçant l’abandon de tout le village de Val-Jalbert au Lac-Saint-Jean qui va être oublié – et préservé- jusqu’aux années 1960.

Price Brothers s’associe à Duke, le roi américain du tabac; d’autres fusionnent pour devenir la Consolidated Paper Corporation, géant qui regroupe les usines de Shawinigan, Grand-Mère, Port-Alfred, Cap-de-la-Madeleine.

Lorsque la bourse s’effondre à New York en 1929, quatre grosses compagnies seulement, les Price, la Consol, l’ International Paper (CIP)  et la St. Lawrence (Domtar) contrôlent la pulpe et papier au Québec.

Puis, c’est la Dépression.

La production baisse d’un tiers, sa valeur, de moitié.

Le salaire mensuel d’un bûcheron au Lac-Saint-Jean passe de 60 $ par mois en 1925 à 26 $ en 1933. Les conditions de travail sont abominables;

“Les bûcherons s’entassent dans une cabane de bois rond; une quarantaine d’hommes logent ainsi dans un espace d’environ vingt pieds sur vingt-huit. Le manque de ventilation rend l’atmosphère irrespirable et saturée d’humidité.” C’est pire lorsque les compagnies sous-traitent la coupe de bois à des entrepreneurs appelés communément “jobbers”.

Le premier ministre libéral d’Alexandre Taschereau est complètement indifférent. Il demande seulement aux compagnies de s’assurer que les bûcherons obtiennent   “une indemnité raisonnable pour leurs services” et refuse de décréter un salaire minimum vu que “les compagnies sont bien décidées à accorder à leurs employés le maximum possible de traitement en face des conditions actuelles”.

Par ailleurs, les syndicats de la province, sauf ceux dirigés par les communistes, ne s’intéressent guère à cette main-d’oeuvre non spécialisée, saisonnière, et dispersée sur un immense territoire”. Les bûcherons sont seuls.

En novembre 1933, quatre cents bûcherons du district du ruisseau Clérion débrayent et marchent vers Noranda et demandent à la CIP des conditions de travail plus humaines dans les chantiers. On les accuse de communisme et on expédie la Française Jeanne Corbin, accusée d’incitation à l’émeute, à la prison de Ville-Marie où elle passera trois mois.

 

Pour en savoir plus :

Petite histoire des camarades québécois

Le gouvernement qui a une peur bleue des communistes institue deux enquêtes, l’une sur le conflit, une autre sur les conditions de travail des bûcherons. Puis, il adopte des lois pour améliorer leur sort. Puis, surtout, s’ajoute la réaction du milieu syndical: L’Union des cultivateurs catholiques fonde un syndicat qui regroupe rapidement 10 000 bûcherons.

 

La guerre

La Seconde Guerre mondiale chambarde la coupe du bois en forêt. Les compagnies manquant d’hommes, partis pour l’armée, introduisent la machinerie dans les chantiers.

Les chevaux sont remplacés par des camions et des véhicules tractés qui charrient les arbres ébranchés par des machines perfectionnées. La scie mécanique, relativement coûteuse et de maniement délicat, a autant d’impact en forêt que l’arrivée du tracteur dans les champs. La hache, la sciotte disparaissent.

Pendant les années cinquante, le coeur de l’industrie, ces cultivateurs qui partaient en forêt pendant l’hiver, cède peu à peu la place à des travailleurs forestiers qui travaillent douze mois par année. Et qui retournent dans leur famille toutes les fins de semaine grâce à de véritables routes qui se rendent désormais loin en forêt et qui sont bien entretenues, comme les camps d’ailleurs. La radio est partout, on écoute du country et Willie Lamothe.

Il y avait 100 000 hommes dans la forêt québécoise au premier quart du siècle, on en compte la moitié moins à l’aube de la Révolution tranquille. Mais le Québec est toujours le premier producteur de <pitoune> au monde. À titre d’exemple, 9200 bûcherons retournaient dans leur foyer, au printemps 1957, après avoir coupé un million de cordes de bois destinées aux papetières de la région.

Mais il ne contrôle pas grand-chose. 4.8 % de l’industrie papetière appartient aux Canadiens français.

“Les compagnies de pâtes et papiers (…) régnaient alors sans conteste sur d’immenses concessions forestières, soi-disant renouvelables, mais en pratique perpétuelle et que leurs souscriptions aux caisses électorales comptaient parmi les plus plantureuses.” René Lévesque, Attendez que je me rappelle…, Montréal, Québec / Amérique, 1986, p.228 dans Otis, Léonard, Une forêt pour vivre, Lachine, Éditions de la Pleine Lune,  2001, p. 36.

René Lévesque déjà responsable des ressources hydrauliques et des mines a plaidé “ pour qu’on me confie également la forêt, soulignant que c’est avec l’arbre bien plus qu’avec les minéraux que l’eau a une affinité naturelle, rien n’y fit, et je sus quelque temps après que les compagnies de pâtes et papiers avaient refusé net d’avoir à traiter avec l’inquiétant gauchiste que j’étais.”

En 1970, après plus de cent cinquante ans de profonde indifférence, le gouvernement, en l’occurrence les libéraux, s’intéresse soudainement à la forêt et veut se mêler de sa gestion d’autant plus qu’il a inventorié un surplus de bois.

En une dizaine d’années, c’est le grand chambardement:

la fin des concessions forestières, la fondation de Rexfor, la concurrence des pays scandinaves et du sud des États-Unis, plus une couple de crises du pétrole et de l’économie, vont modifier en profondeur l’industrie de la forêt au Québec. On avait trop de bois en 1970;  en 1980, on s’aperçoit qu’on risque d’en manquer. Les Québécois suivent de très loin un problème qui s’aggrave et qu’on prend bien soin de ne pas expliquer. Puis c’est la bombe de Desjardins.

 “L’Erreur boréale”

Le film « L’Erreur boréale” de Richard Desjardins et de Robert Monderie en 1999 provoque une véritable onde de choc dans la société québécoise; essentiellement, il démontre qu’on a surexploité la forêt québécoise.   « Nos forêts sont amochées et nous devons faire autre chose que d’empirer la situation.” Trois ans plus tard, la vérificatrice générale du Québec en rajoute une louche: « Le ministère des Ressources naturelles n’est pas en mesure de déterminer s’il y a surrécolte du bois dans les forêts publiques. »

Suit en 2004 une Commission d’étude sur la gestion de la forêt publique présidée par Guy Coulombe.

En conclusion, elle recommande d’utiliser désormais la forêt en fonction de ce que la nature peut réellement donner et non pas en fonction de la grosseur des usines existantes.

En 2009, dix ans après la sortie fracassante de L’Erreur boréale, Richard Desjardins retrace dans Le Devoir la décennie qui a suivi la parution du documentaire-choc.

L’Erreur boréale, dix ans plus tard (1) – De la sortie du film à la commission Coulombe (1999-2004)

L’Erreur boréale, dix ans plus tard (2) – De la sortie du film à la commission Coulombe (1999-2004)

Extraits:

« Si vous étiez propriétaire d’un boisé, madame, monsieur, accepteriez-vous de construire des chemins afin qu’un acheteur de bois y délègue un sous-traitant pour récolter les arbres qui lui plaisent, qu’il saccage le parterre de coupe, qu’il vous dise comment replanter, qu’il vous demande de prendre en charge le sous-traitant qui se retrouve en chômage? Et, même après avoir tout obtenu, sur le bord de la faillite, accepteriez-vous d’accorder à cet acheteur une subvention pour qu’il aille bûcher plus loin? Or, c’est exactement ce que font les grandes entreprises avec nos forêts, dont nous sommes les propriétaires légaux. Réveillons-nous, taboire!”

« La raison principale de l’état lamentable de nos forêts tire sa source, je pense, dans le grand désintéressement des citoyens vis-à-vis de leurs territoires, qu’ils sentent intuitivement aliénés à des intérêts qui ne sont pas les leurs. Ils n’ont pas tort, presque toute l’industrie est passée sous contrôle américain, sous les yeux du grand souverainiste Guy Chevrette.”

« La grande industrie qu’il (Guy Chevrette) représente n’hésiterait pas une seule seconde à tout récolter avec une seule machine et à tout transformer dans une seule usine.”

Pour en savoir plus…

L’Association des produits forestiers du Canada

La Société d’histoire forestière du Québec

Films

Félix Leclerc – La drave 1957, 20 min 28 s

Le chansonnier Félix Leclerc raconte, dans une langue savoureuse, cette aventure fantastique que vivent, chaque année, les draveurs de la vallée de l’Outaouais. Perche ou bâton de dynamite au bout des bras, ils font franchir aux billots, deux cents milles de rivières, de chutes et de lacs. Un métier dur, impitoyable, rempli de poésie.

Musées

Centre d’interprétation de l’historique de la protection de la forêt contre le feu de Maniwaki

Le Musée du Bûcheron

Le Musée du Bûcheron raconte l’histoire des chantiers forestiers, des camps de bûcherons, et de la drave en Mauricie entre les années 1850 et 1960. Chacun des 25 bâtiments aborde un aspect de la vie de chantier.

Livres

Dionne, Lynda et Georges Pelletier, Des forêts et des hommes 1880-1982, Les Publications du Québec, 1997

Gingras, Sylvain, Québec : l’épopée de la forêt

Lower, Arthur Reginald Marsden, The North American assault on the Canadian forest: A history of the lumber trade between Canada and the United States

Pomerleau, Jeanne, Bûcherons, Raftmen et draveurs 1850-1960, Sainte-Foy, Éditions Jean-Claude Dupont, 1997, 143p.

Le rôle du bois dans l’histoire mondiale (en anglais)


 

 

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