« Perejil », le mot qui tue

Plages paradisiaques, paysages colorés, exotisme, bref la République Dominicaine. Mais elle a déjà été synonyme de régimes politiques corrompus et de violences oubliées. Dans les années 30, les frontières mal surveillées entre la République Dominicaine et Haïti laissent entrer de nombreux travailleurs haïtiens dans les champs de canne à sucre. La xénophobie se développe ; le dictateur de la République Dominicaine Rafael Trujillo (photo ci-contre), déclare qu’il faut régler cette affaire. L’ordre de tuer est donné. En effet, dans la nuit du 2 octobre 1937, commence un massacre à la machette qui fait entre quelques milliers de morts selon certaines sources, 20 000 selon d’autres. La rivière Massacre, frontière avec Haïti, est l’endroit où les actes barbares ont eu lieu. Une rivière qui, aujourd’hui, porte bien son nom.

Le carnage est aussi connu sous le nom de « Massacre du persil ». Il pouvait être difficile de différencier les Haïtiens des Dominicains par leur apparence physique et leur habillement. Les Dominicains ont alors demandé aux Haïtiens de dire « perejil », un mot espagnol beaucoup plus facile à prononcer pour eux que pour les Haïtiens. Une mauvaise prononciation, c’était la mort. À la suite de plaintes internationales, Rafael Trujillo paye une simple indemnité à Haïti.

Aujourd’hui, la République Dominicaine, des plages à en couper le souffle, une rivière oubliée.

Camille Rouzier

Pour en savoir plus :

http://www.alterpresse.org/…

http://www.gensdelacaraibe.org/…

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