Des suggestions pour M. Couillard

Loïc Tassé, Le Journal de Montréal

M. Couillard veut instaurer un nouveau ton à l’Assemblée nationale. Il a raison. Le climat hostile qui y règne n’aide pas du tout les débats.

Depuis que les caméras ont été admises à l’Assemblée nationale, les députés ont souvent transformé leurs interventions en prestations théâtrales.

Plusieurs choses devraient changer dans cette assemblée. En premier lieu, peut-on demander à nos représentants de cesser de s’applaudir les uns les autres à la moindre insignifiance qu’ils prononcent? Est-ce trop leurs demander que de ne plus s’applaudir après chaque intervention, comme s’ils venaient de prendre une décision d’une suprême importance pour le Québec?

Ce genre de comportement n’est pas même digne d’une garderie. Il ridiculise les élus.

Parlant de comportements ridicules, depuis quand, dans une société où règne la liberté d’expression, doit-on s’empêtrer dans une liste de termes «non-parlementaires» que les députés ne doivent pas prononcer sous peine de devoir s’excuser? Nos députés sont-ils donc de petites natures qui ne peuvent souffrir le moindre écart de langage? Ou est-ce leur ego qui est à ce point gonflé que toute référence à la stupidité de certaines de leurs déclarations ne doit pas être relevée avec les termes qui conviendraient?

Le résultat de ce genre de formalisme est désolant. Les députés perdent une grande partie de leur temps en chambre à discuter de questions de règlement ou à s’applaudir, ce qui en fin de compte les discrédite.

M. Couillard veut-il vraiment changer le climat à l’Assemblée Nationale? Qu’il interdise à ses troupes les applaudissements intempestifs idiots et qu’il abolisse la liste des termes non-parlementaires.

Un député ne pourrait même pas se lever en chambre et dire ce que je viens d’écrire: les termes «idiot», «pas même digne d’une garderie», «petite nature» et «stupidité» sont tellement anti-parlementaires… Mais tellement justes pour qualifier cette situation !

Vous avez sûrement vous aussi des suggestions pour nos parlementaires…

L’empire des Robin

Histoire de l’escalavage du pêcheur gaspésien

Sylvain Rivière
Éditions Trois-Pistoles
234 pages

Critique dans Les Cahiers de lecture de L’Action nationale
Volume 8, numéro 2, printemps 2014, p. 26-28
Direction : Robert Laplante (directeur)

Sylvain Rivière veut partager quelques-uns des matériaux de recherche qui lui ont servi pour rédiger romans et pièces de théâtre. Il veut rendre accessibles des textes peu diffusés, connus trop souvent par les seuls spécialistes. Il est gaspésien et il a grandi dans les stigmates culturels et sociaux de la domination des Robin dont, tout au long de son oeuvre, il a cherché à se défaire. Il propose ici un recueil qui permet de cerner les contours d’un système qui aura dépossédé les Gaspésiens, les laissant « déshabités de l’intérieur, en étant réduits, pendant des siècles, au silence, à l’ignorance et à l’exploitation » (p. 9). L’édition est soignée, ponctuée de photos et illustrations qui rendent la lecture agréable et prolongent les impressions de lecture bien au-delà d’une mélancolique nostalgie, quelque part dans la sourde colère des survivances. Car elle est dure l’histoire des Robin. Dure pour le peuple des graves, l’aventure d’affaires d’un homme âpre au gain qui n’a reculé devant rien pour imposer des conditions de vie ne livrant pitance qu’à ceux-là qui pouvaient se montrer exceptionnellement durs à la peine. La Gaspésie s’est construite sous un joug terrible. Les textes réunis ici ont de quoi donner le frisson et nourrir toutes les colères. Le projet de ce livre s’en trouve amplement justifié.
….

Le Kiosque a publié:

Les Robin: exploiter les Gaspésiens jusqu’à la dernière morue

Charles Robin © Archives nationales du Canada

Charles Robin © Archives nationales du Canada

Extrait:

René Lévesque écrivait en 1947 :

(….) Ils (les Robin) étaient actifs et sans scrupules. Ils inventèrent un avantageux système de troc et une comptabilité encore plus avantageuse ; et, jusqu’à ces dernières années, ils parvinrent ainsi à garder sous leur coupe, dans un véritable servage, des générations entières de pêcheurs, hommes simples pour qui les chiffres étaient une magie noire d’où ne sortaient jamais rien que des dettes. »

La compagnie Robin a été l’une des plus rapaces de l’histoire du Canada. Fondée après la conquête anglaise par le Britannique Charles Robin, l’empereur de la morue, elle a exploité les pêcheurs gaspésiens pendant deux siècles tout en étendant ses tentacules en Grande-Bretagne, en Méditerranée, dans les Antilles et même en Amérique du Sud. Il faudra un siècle pour la briser, un autre siècle pour l’abattre. À ce moment il sera trop tard.

L’enfer des cubicules

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How an art professor’s utopian ‘Action Office’ became a Dilbert-ian nightmare

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In 1958, an art professor named Robert Propst set out to design the perfect office. As head of research for the Herman Miller furniture company, Propst began to study the meaning of the modern-day workplace. He conducted extensive studies of office workers: identifying their every inefficiency, useless motion and wasted second—in the wild hope that he might, through architecture, correct them. Propst is seen as an early inventor of “ergonomics.” His observations on the importance of periodic physical activity spurred his invention of the stand-up desk. His belief that “fortuitous encounter[s]” between employees fuelled creativity led him to design porous workspaces with plenty of meeting spots. When his magnum opus was released onto the American market in 1964, its clean lines, movable walls and swivel chairs were “received as a liberation.” Propst called his creation the “Action Office,” but today it is known as “the cubicle.”

By 2011, according to Nikil Saval’s new book, Cubed: A Secret History of the Workplace, at least 60 per cent of working Americans performed their labour in some form of cubicle. But only seven per cent claimed to prefer it to other kinds of work environments. In popular culture, “cube farms” are depicted as stagnant, anonymous incubators of petty grievance (think Dilbert and The Office)—not the liberating engines of creativity and social mobility that Propst hoped they would be. “Man is born free,” Saval writes, playing on Rousseau, “but he is everywhere in cubicles.”

La journaliste scientifique Brite Pauchet nous signale un excellent billet de Deborah Blum dans le New York Times:

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The Trouble with Rice

Le riz est une plante qui accumule les métaux lourds présents dans le sol.

Propriété plus qu’intéressante quand on veut décontaminer un terrain, mais un peu inquiétante pour un produit alimentaire si consommé.

La « synergologie »

On a eu un écho de la « synergologie » (discipline qui décode le langage nonverbal) lorsque Philippe Turchet a analysé à TVA le premier débat des chefs des élections québécoises 2012.

 

 

Mais il y a aussi la chroniqueuse Jocelyne Robert qui précise sur son site qu’elle a une formation de synergologue.

Le Kiosque signale

un article de la revue savante Communication publiée par Département d’information et communication à l’Université Laval:

Pour en finir avec la « synergologie »

Une analyse critique d’une pseudoscience du « décodage du non-verbal »

Pascal Lardellier

Résumés

Les théories proposant des outils pour décoder la communication non verbale et décrypter la gestuelle de nos interlocuteurs connaissent un étonnant succès éditorial. Parmi elles, la « synergologie » est une pseudoscience qui singe les codes académiques afin d’essayer de capter une légitimité ensuite négociable dans le domaine de la formation continue. Cet article met au jour les faiblesses, les contradictions, ainsi que l’idéologie de cette « similithéorie du décodage du non-verbal ».

Tous les gagnants des prix Pulitzer 2014

pulitzer_logoPulitzer.org

Winning stories, photographs and cartoons, as well as bios and photos of winners, are available by clicking the links below.

Journalism

PUBLIC SERVICE - Two Prizes: The Guardian US and The Washington Post

BREAKING NEWS REPORTING - The Boston Globe Staff

INVESTIGATIVE REPORTING - Chris Hamby of The Center for Public Integrity, Washington, D.C.

EXPLANATORY REPORTING - Eli Saslow of The Washington Post

LOCAL REPORTING - Will Hobson and Michael LaForgia of the Tampa Bay Times

NATIONAL REPORTING - David Philipps of The Gazette, Colorado Springs, CO

INTERNATIONAL REPORTING - Jason Szep and Andrew R.C. Marshall of Reuters

FEATURE WRITING - No award

COMMENTARY - Stephen Henderson of the Detroit Free Press

CRITICISM - Inga Saffron of The Philadelphia Inquirer

EDITORIAL WRITING - The Editorial Staff of The Oregonian, Portland

EDITORIAL CARTOONING - Kevin Siers of The Charlotte Observer

BREAKING NEWS PHOTOGRAPHY - Tyler Hicks of The New York Times

FEATURE PHOTOGRAPHY - Josh Haner of The New York Times

 

Petite histoires des élections

Chronique de Raymond Ouimet

Qui dit démocratie, dit élections. Mais élections ne signifient pas nécessairement démocratie. Cela dit, des élections, au Québec, on connaît ça. On en a eu de toutes les couleurs depuis 1657, et pas toujours honnêtes.

(….)   Premier gouvernement responsable en 1848. En 1849, les femmes perdent le droit de vote, et ce, parce que le candidat défait dans la circonscription de Halton-Ouest, au Haut-Canada, s’est plaint qu’on ait validé le vote de sept femmes pour son adversaire, en dépit de la Common Law. Les listes électorales sont tellement mal tenues qu’aux élections de 1859, on comptera jusqu’à trois fois plus de votes que d’électeurs en règle dans plusieurs circonscriptions électorales. Mais comment vote-t-on ? Chaque circonscription électorale ne compte généralement qu’un bureau de scrutin. Les électeurs votent de vive voix. On sait donc qui a voté et pour qui. Ce qui permet à des élus de se… venger ! Les élections se tiennent à des dates différentes d’une circonscription à l’autre. Dans chaque bureau de scrutin, l’élection dure jusqu’à ce qu’une heure entière s’écoule sans qu’un électeur vienne voter. En 1867, elles durent six semaines, en 1872, trois mois !

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