"La France n’est pas épargnée par le complotisme"

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Un partisan de la thèse conspirationniste liée aux attentats du 11-Septembre, à Londres, en 2011 (Sipa)

Le Nouvel Observateur:

Dans votre livre, «la Démocratie des crédules», vous observez que les mythes conspirationnistes envahissent l’esprit de nos contemporains. La France, par rapport à l’Allemagne et aux Etats-Unis, semble plutôt épargnée. Comment l’expliquez-vous?

Gérald Bronner: 

Cette suspicion croît en effet, mais pas dans tous les domaines. La méfiance concernant les neurosciences est faible, par exemple, alors que pour les OGM elle est forte. Cette suspicion croît lorsque nos concitoyens ont l’impression d’être bien informés, ce qui est franchement problématique.

Je prendrais l’exemple de la couverture vaccinale qui tend à décroître, que ce soit pour le vaccin contre la rougeole ou l’hépatite. On peut s’attendre, pour les générations qui viennent, à l’apparition de nombreux malades qui se croiront victimes de la fatalité sans savoir qu’ils l’ont été de la suspicion inconséquente de leurs parents. L’enjeu est donc tout simplement sanitaire dans certains cas.

(…)

Or l’accès à l’information que permet la transparence, la possibilité de donner son point de vue, etc. sont autant de revendications parfaitement démocratiques et légitimes. Longtemps ces revendications sont restées à l’horizon de l’utopie car les moyens technologiques pour les mettre en œuvre n’existaient pas. Ce n’est plus le cas. C’est pourquoi je pense que nos démocraties sont confrontées à un formidable défi de leur histoire: le bras de fer qui s’engage entre démocratie des crédules et démocratie de la connaissance.

Lu sur le Web: « Les Frères musulmans vivent dans le complot »

Entretien avec Michaël Prazan (Revue Marianne)

6287722-9481843.jpgIslamistes modérés ou tenants de l’instauration d’un califat mondial ? Tolérants ou violemment antisémites ? Dans Frères musulmans, enquête sur la dernière idéologie totalitaire, Michaël Prazan lève le voile sur une organisation aux buts et aux structures opaques.

C’est une enquête inédite, une plongée dans l’histoire et dans les réseaux d’une confrérie qui, il y a quelques mois encore, dirigeait l’Egypte. Michaël Prazan, documentariste et journaliste, auteur notamment d’Einsatzgruppen, les commandos de la mort nazis (Seuil, 2010) et d’Une histoire du terrorisme (1945-2011) (Flammarion, 2012), a sillonné le monde arabe, l’Europe et les Etats-Unis durant deux ans, afin de comprendre qui étaient vraiment les Frères musulmans. (…)

" La présence des Frères est-elle importante en Europe ?

M.P. : Elle est considérable ! Cela a commencé dans les années 50 avec la création de la mosquée de Munich, en partie due à d’anciens nazis convertis à l’islam. Et, à cette époque, les Américains jouaient la carte des Frères au nom de la lutte anticommuniste : ils ont envoyé Saïd Ramadan, le père de Tariq, pour diriger la mosquée et bâtir leur réseau associatif en Occident. On les trouve partout, en Angleterre, en Belgique, en France, notamment à l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) qui est, entre autres, chargée de la formation des imams."

Source: Conspiracy Watch

49 % des Américains adhèrent à une théorie du complot en matière de santé

Conspiracy Watch

6453461-9731848Près d’un Américain sur deux croit en au moins une théorie du complot en matière médicale. C’est le résultat d’une étude de J. Eric Oliver et Thomas Wood, chercheurs en sciences politiques à l’université de Chicago, publiée le 17 mars dernier dans le Journal of the American Medical Association (“Medical Conspiracy Theories and Health Behaviors in the United States”)

Une vie au cégep #27 – Comme un bébé de 300 livres nourri aux vitamines Flinchstones

Pour les autres chroniques : http://kiosquemedias.wordpress.com/category/chroniques/une-vie-au-cegep/

Pour parler comme dans mes exercices de maths au secondaire : « De nature curieuse, j’ai tenté cette semaine une expérience. »

J’ai assisté à une conférence pro-environnement, pro-animaux, extra en accord avec la nature. Avril, c’est le mois de l’environnement. Pour l’occasion, le comité environnement de l’école a invité Élise Désaulniers, auteure de Vache à lait, dix mythes de l’industrie laitière et Je mange avec ma tête : les conséquences de nox choix alimentaires, à venir parler du végétalisme aux écolos de l’école.

Les végétaliens refusent de consommer tout animal et tous leurs produits dérivés. Pas de hamburgers, bien sûrs, pas de poisson, pas d’œuf, pas de lait, et pas non plus de miel. Toutefois, comme le précise Wikipédia, « le végétalien ne consomme pas uniquement des produits du règne végétal. Il consomme aussi des champignons, des bactéries, et des substances qui ne proviennent pas du monde vivant (ex. : sel, calcium). » Quand même.

La conférence était précédée d’un potluck végétalien. Petits gâteaux sans beurre, salades, chili végétarien, brochettes de tofu, bruschetta, pain maison, patates au four… Autour de la table, plein de jeunes enthousiastes, plusieurs végétariens, mais pas tous. Une fille discute avec la conférencière de la difficulté de se faire accepter par la société lorsqu’on est végétarien, tandis qu’un gars affirme devant les brochettes de tofu : « J’avais jamais mangé de tofu de ma vie, j’ai toujours eu de gros préjugés. » Et tout le monde de se précipiter pour l’initier. Élise Désaulniers n’a rien mangé : elle n’avait pas pensé à amener sa propre assiette. Moi, j’avais utilisé les assiettes de carton qui nous étaient fournies. Petit malaise.

Le malaise n’était pas terminé.

Élise montre des photos d’elle bébé (elle mangeait tout ce qu’il y avait dans son assiette), adolescente (le caissier du McDo la connaissait bien), et adulte, mariée à un professeur de philosophie, convaincue et repentante. Lorsqu’elle a découvert le secret des produits animaux, elle a lâché son travail pour se mettre à écrire des livres et à faire des conférences à temps plein. Elle aimait bien le fromage, mais elle a découvert que pour produire du lait, on insémine la vache artificiellement, et on retire son bébé à la naissance pour en faire de la viande de veau. Elle n’était pas contre le poisson, mais comme les mammifères, il peut souffrir. Et nos poulets sont gavés à l’extrême pour être aussi dodus. « C’est comme si un bébé pesait 300 livres à force d’avoir été nourri aux vitamines Flinchstones. »

Ses révélations lui ont coûté cher. « C’est plus dur de dire que t’es vegan que de dire que t’es homo. » La société est conservatrice, et exerce énormément de pression pour nous faire manger notre bonne vieille dinde de Noël. Pourtant, les humains n’ont pas besoin de manger des produits animaux, explique-t-elle. Elle n’est pas nutrionniste, mais elle sait que nous pouvons trouver tous nos nutriments dans les végétaux. D’ailleurs, son médecin l’a récemment félicitée pour son excellent bilan sanguin. Elle donne des exemples de célébrités qui sont vegan, dont Meagan Duhamel, médaillée olympique en patinage artistique. Même notre Pierre Karl Péladeau est vegan, et il n’est pas exactement le prototype de l’écolo enragé.

Et du point de vue environnemental, il est temps pour la société de se tourner vers le végétalisme. « On nous conseille de réduire la durée de nos douches, mais avec l’eau utilisée pour produire 500 g de viande, on pourrait laisser couler la douche pendant 6 mois. »

Une pétition est actuellement en cours pour que les animaux soient considérés comme des « êtres » et non plus comme des « choses » dans le Code Civil du Québec.

http://lesanimauxnesontpasdeschoses.ca/

 

Et maintenant, ma partie préférée : les questions.

-       Que pensez-vous de l’insectivorisme ?

-       Les vegans traditionnels ne sont pas d’accord avec ça, car après tout, les insectes sont des animaux. Mais personnellement, comme les insectes ne souffrent pas, je suis correcte avec ça.

-       Est-ce qu’on peut chasser les insectes ?

-       Euh, je ne sais pas… Quelqu’un parmi vous le sait ?

-       Avez-vous des critiques par rapport au veganisme ?

-       Pour les idées, non, mais pour le mouvement, oui. Il ne ratisse pas assez large. Il faudrait inclure dans cette réflexion le féminisme, le racisme, l’environnement, etc.

-       Pensez-vous qu’il existe une intersectionnalité avec l’anticapitalisme ? Vous ne croyez pas qu’il peut y avoir contradiction, lorsque la société profite du mouvement vegan pour mettre en marché des Doc Martens vegan, produire du lait du soya industriel, l’inclut dans la mode, etc. ?

-       En effet, c’est un problème. Je veux amener la question lors du festival vegan qui se déroulera à Montréal à la fin du mois de septembre prochain. (Le lien Facebook de l’événement est brisé, mais le Huffington Post en parle ici : http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/03/18/festival-vegan-montreal-uqam_n_4986111.html)

-       Je suis désemparée, qu’est-ce qu’on peut faire ? Les gens ne veulent rien savoir…

-       Mais vous êtes une belle gang, ce soir ! (applaudissements, exclamations enthousiastes) ll y a plein de moyen de valoriser le veganisme. Si nous-même changeons nos habitudes, nous pouvons éventuellement inciter d’autres personnes à nous suivre.

 

À la fin de la conférence, la fille qui était assise à côté de moi se lève pour partir, des étoiles dans les yeux. Elle me demande : « Alors, est-ce qu’elle t’a convaincu ? »

Si je suis convaincu ?

Dès demain matin, je troque mes œufs brouillés pour du tofu soyeux. Mais ne le dites pas trop fort : j’ai peur de l’ostracisme. Et puis, je ne promets rien : l’année prochaine, ce ne sera peut-être plus à la mode.

1914-1918, La Grande Guerre En Couleur

La Première Guerre mondiale en couleur, est une série de six films documentaires sur l’histoire de cette guerre tragique, nommée également La Grande guerre, qui a fait des millions de morts, militaires et civils, de 1914 jusqu’à l’armistice du 11 novembre 1918.

Utilisant des archives rares provenant de sources du monde entier, cette série dont les images ont été colorisées, nous montre la réalité de la vie dans les tranchées et du quotidien de ces jeunes hommes envoyés sur les fronts, ainsi que les autres évènements du conflit, aériens, maritimes… Également présents dans les épisodes, des témoignages de survivants de la dite "sale guerre". *

Cette guerre de 1914 à 1918 est une guerre totale et une guerre d’usure, marquée par les progrès de l’industrie de l’armement. Elle a vu mourir plusieurs millions de soldats dans l’enfer des tranchées, dont plus d’un million de Poilus français lors de batailles telles que celles de la Marne, de la Somme, de Verdun et du Chemin des Dames, mais aussi de civils, notamment lors du Génocide arménien.

Opposant presque tous les États d’Europe, elle est l’aboutissement du nationalisme et du militarisme sur ce continent. S’achevant le 11 novembre 1918 par l’armistice à Rethondes dans le wagon du maréchal Foch, entre les deux principaux protagonistes, la France et l’Allemagne, ce conflit a profondément bouleversé l’Europe, mettant fin aux grands empires et faisant triompher le principe de l’Etat-nation, laissant le champ libre aux grandes idéologies totalitaires de l’entre-deux guerres.

l

- Les six épisodes de La Première Guerre mondiale en couleur

(Environ 45 minutes par épisode)

N° 1 : Catastrophe

http://www.youtube.com/watch?v=v_vrWmwDVN8

N° 2 : Massacre dans les tranchées

http://www.youtube.com/watch?v=g78BZ7oKRnE
N° 3 : Du sang dans le ciel

http://www.youtube.com/watch?v=559h11yZPgo
N° 4 : Les tueurs des mers

http://www.youtube.com/watch?v=Z45r_qwqJz0
N° 5 : Chaos sur le front Est

http://www.youtube.com/watch?v=C3UGkq76xlI
N° 6 : La victoire et le désespoir

http://www.youtube.com/watch?v=1n8zr3NA_EQ

Aventures birmanes

Shwedagon Sunset.jpgUn article du Devoir

par Carolyne Parent

Émerveillement, colère, empathie, admiration, frustration… Un voyage en Birmanie fait vivre un tourbillon d’émotions. Une épiphanie touristique, avec ça ?

 

Back to Burma

by Karen Coates

Expelled in 2009, a writer returns to find a country in transition and a journalism community buzzing with possibility

Le Kiosque avait publié :

Le Disneyland de l’Asie, en plus faux. Quatre Québécois racontent.

par Naïma Hassert

Un « paradis » donc, où des édifices de l’époque coloniale britannique côtoient des pagodes bouddhistes, et où les lacs sont bordés de jardins flottants et de maisons sur pilotis. La pays a même été nommé la « Meilleure destination touristique du monde » en 2014 par l’Union Européenne. Mais le secret de ce paradis terrestre, c’est bien le fait qu’il ait été fermé aux étrangers si longtemps, par une dictature toujours en place. Quelle stratégie adopter, alors ? Boycotter le tourisme, comme l’a longtemps prôné Aung San Suu Kyi, ou continuer à visiter le pays en espérant ainsi contribuer à son développement économique et à son ouverture au monde ?

[...]

Florence Migneault, journaliste

Florence Migneault est une curieuse, c’est son métier. Elle est donc naturellement intéressée par ce qui sort des sentiers battus, ce qui dépayse, ce qui enrichit.

En 2012, elle partait en Asie du Sud-Est avec son sac à dos, et elle a eu l’idée de faire un tour en Birmanie, ce pays si différent des autres. Avec son ami Paulo, elle a fait le sentier classique : le Lac Inle, Bagan, Mandalay, pendant trois semaines.

Elle a été choquée, profondément dépaysée, puis charmée. « C’était comme revenir 100 ans en arrière. On ne sentait vraiment pas la présence de l’Occident. »

 

Pourquoi on ne s’intéresse pas à l’international

Gjorge Ivanov, président sortant de la Macédoine

Gjorge Ivanov, président sortant de la Macédoine

Macédoine: le président sortant en tête

Cet article du journal Métro nous accroche dès les premières lignes. Qui ne rêvait pas de connaître le suspense électoral de la Macédoine? Malheureusement, le journal a oublié de nous mettre en contexte, et il a assumé que tout lecteur pourrait repérer la Macédoine sur une carte (inexistante). Résultat : on ne comprend rien. À moins d’être né là-bas.

Et après, nous devrions nous sentir mal de ne pas nous intéresser suffisamment à l’international.

 

 

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