Journalisme 101: où est Edmonton?

Nous avons demandé à une candidate qui venait de terminer son cours de journalisme à l’UQAM : Où est Edmonton ? Elle a répondu : « Je ne sais pas et de toute façon, je n’ai pas d’auto ».

Cette anecdote m’a été racontée par un des membres du jury de Radio-Canada chargé de sélectionner un(e) journaliste pour le stage (payé) de l’été.
C.M.

Le Kiosque aurait pu recueillir des réactions. Totalement inutile, on connaît les réponses qu’on aurait obtenues :

La ministre de l’Éducation : s’est dit interpelée par le problème et admet qu’il y a peut-être des lacunes ponctuelles, ce qu’il faudrait vérifier en profondeur, mais elle se dit confiante qu’un nouveau comité interministériel et interdisciplinaire qu’elle vient de mettre sur pied pourra, avec l’aide des différents acteurs du milieu éducatif, dégager des pistes de solutions qui permettront aux étudiants et étudiantes de maîtriser encore mieux les connaissances géographiques déjà fort bien enseignées dans les divers ordres d’enseignement du Québec.

L’UQAM : À l’époque de la mondialisation néo-libérale et de l’hégémonie états-unienne de plus en plus manifeste, nous trouvons la question du jury réductrice et triviale. On aurait pu l’interroger sur la convergence des médias ou la mainmise états-unienne sur les principaux médias dans le monde. Nous donnons d’ailleurs des cours sur ces sujets qui préparent adéquatement nos étudiants à une carrière d’éditorialiste au Devoir ou à La Presse.

La Fédération des femmes du Québec : La réponse de cette jeune femme est la conséquence tragique d’un système patriarcal qui confine les femmes dans des sphères d’activités traditionnelles d’où la géographie est exclue.

Le FRAPRU : Cette jeune étudiante, sûrement nerveuse, se cherchait probablement un logement social, comme c’est d’ailleurs le cas pour des milliers de Québécois et de Québécoises qui déboursent des sommes de plus en plus importantes pour se payer un logement décent.

La CSN : Si elle avait été syndiquée comme des centaines de milliers de Québécois et de Québécoises, on ne lui aurait posé aucune question et la candidate se serait sentie respectée.

La commission Bouchard-Taylor : Était-elle membre d’une communauté culturelle ? Avait-elle été obligée d’enlever son voile avant l’entrevue pour éviter le racisme systémique de la société d’accueil et donc, des membres du jury ? Est-ce qu’on l’a fragilisée en lui souhaitant la bienvenue ou, pire encore, a-t-on essayé de lui serrer la main ? Lui a-t-on souri de façon déstabilisante par ignorance des mœurs de sa société d’origine ? Nous sommes conscients que nous, les penseurs, n’avons pas assez expliqué à vous, qui ne pensez pas, ou du moins pas sur des choses profondes, l’importance du dialogue basé sur l’écoute soutenue et ininterrompue de l’Autre.

Allemagne : Il faut enseigner plus de géographie.

Chine : Il faut enseigner plus de géographie.

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