Myriam Ségal, une chroniqueuse à découvrir

QUELQUES-UNES DE SES CHRONIQUES :
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Le naufrage d’un couple et d’une famille

(Sur Cathie Gauthier et son conjoint, coupables du meurtre prémédité de leurs trois enfants.)

Ils imputaient leurs ennuis au monde entier: la famille «pas très familiale», dont Laliberté se plaint dans sa lettre d’adieu; la mère adoptive de Cathie Gauthier qui, selon cette dernière, n’a pas été le modèle et le soutien qu’elle cherchait; le propriétaire de la maison qui ne voulait plus patienter; l’amie qui avait accumulé des REER et n’a pas pensé à leur en donner; l’employeur pas assez accommodant.

De chicanes en bouderies, ils ont fait le vide autour d’eux. Comme deux naufragés agrippés l’un à l’autre, terriblement seuls dans une nuit noire. Au lieu d’appeler à l’aide, ils ont blâmé ceux qui ne les cherchaient pas, qui ne les aimaient pas, sans se rendre visibles. Ni aimables.

Dans ses lettres, Cathie Gauthier distille son venin, culpabilise tout le monde et, du coup, se déresponsabilise. Et tente d’anoblir l’odieux en prétendant protéger ses enfants de la souffrance.

Québec atteint par le syndrome de Ponce Pilate

(…) Donc, l’avion manquait déjà de carburant avant que le ministre québécois de la Santé n’en prenne les commandes, pour gérer la rareté. Mais, Québec a eu du temps pour planifier. Il a commodément refilé l’opération aux agences régionales, éparpillant les responsabilités et dissipant l’imputabilité. Les agences ont à leur tour refilé la patate chaude aux hôpitaux.

C’est comme si le commandant Picher avait laissé chacune des hôtesses de l’air prendre à tour de rôle les commandes de son avion en panne d’essence, pour pouvoir les blâmer en cas de crash!

Bilan: confusion, consignes révisées, information bancale et scènes mortifiantes: des milliers de citoyens vulnérables qui font la queue, comme les Soviétiques d’antan…

Créer la panique en voulant rassurer

Une odeur d’égout

Ma maison récemment acquise a subi un refoulement d’égout. La politique municipale à Montréal aussi. L’eau sale y a empesté la campagne électorale, remontant par le drain, forçant le clapet d’un candidat déchu. Chez moi, j’ai crié «beurk!», épongé tant bien que mal le plus gros du dégât, espérant ne m’être pas infectée.

(..)J’ai fait venir un spécialiste des conduits souterrains. Il a débouché un tuyau en y passant une vrille. À l’échelle montréalaise, c’est la police qui peut chercher les blocages précis et coincer les individus impliqués. L’enquête policière sert à travailler sur un crime défini, un problème circonscrit. Réparer le hic immédiat, c’est bien, mais pas suffisant. (…)

Diagnostiquer

Si je m’étais arrêtée là dans mes démarches, le tuyau aurait bouché de nouveau dans quelques mois et le cauchemar aurait recommencé. J’ai payé pour passer une caméra dans le conduit. Elle a détecté des racines envahissantes et une infrastructure qui se déglingue. À l’échelle politique, c’est une commission d’enquête chargée d’analyser les mœurs qui peut poser un tel diagnostic. Pas la police! Une véritable enquête permet de chercher les causes profondes, pas seulement les crimes. C’est ce que refuse de faire le gouvernement, il veut juste déboucher le tuyau.

Il refuse aussi de vérifier qui sait, ou savait que la corruption s’était infiltrée et qui s’est tue.

Ma compagnie d’assurance tente de savoir si mon refoulement d’égout est le fait d’un vice caché…

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